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La méditation et la prière sont les modes
essentiels de la vie spirituelle. Au milieu d’un monde
agité qui tend à nous solliciter et à nous
absorber de plus en plus, il est essentiel pour notre équilibre
personnel de savoir se retirer dans le silence et de trouver un temps
de ressourcement.
Les apôtres qui ne savaient comment prier demandèrent à Jésus : « Seigneur apprends nous à prier ? ». Jésus répondit : « quand
tu pries, entre dans ta chambre, ferme la porte et prie ton Père
qui est là dans le secret et ton Père qui voit dans le
secret te le rendra… » Mat 6/6. Nous pouvons entendre cette parole sur deux plans complémentaires :
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Dans un premier temps, Jésus nous conseille de
trouver un espace paisible, voire intime (la chambre), de fermer la
porte aux bruits du monde pour s’adonner à la
prière.
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Nous pouvons aussi entendre : si tu veux prier,
descends dans la chambre de ton cœur, ferme la porte aux soucis
du monde, à l’agitation des pensées, aux
raisonnements du mental pour, dans le silence intérieur,
rencontrer le Père qui est présent.
C’est toujours Dieu qui a l’initiative. Le
désir de prier est, en l’être humain,
l’écho de l’appel de Dieu. Dans cette conscience, la
prière s’inscrit de facto dans une relation et un
dialogue. Tout dépend alors de notre disposition du cœur,
c’est pourquoi, il est de la première importance
d’avoir élu un espace privilégié pour la
prière puis d’apprendre à descendre dans le
cœur profond pour faire l’expérience du silence. La
prière n’est vraiment spirituelle que si elle jaillit de
l’esprit ou cœur profond.
Notre première tâche dans les retraites de
méditation et de prière, que nous proposons au
Centre Sainte Croix depuis plus de 25 ans, est d’initier cette
pratique donc de conduire vers cette expérience.
Deux modes de prière traditionnels nous aideront dans cette tâche :
La lectio-divina ou lecture priante de
l’Ecriture sainte est le plus ancien mode d’apprentissage
de la prière. Nous l’avons hérité de la
tradition juive. Le principe est de restituer l’oralité au
texte de la Bible ou plus communément de l’Evangile que
nous désirons méditer, puis de se laisser toucher par une
parole ou une phrase que nous laissons vivre en nous ou même que
nous manduquons au cours de la journée. La méditation
continuée de cette parole portera, par la grâce de
l’Esprit saint, des fruits insoupçonnés et peut
nous conduire vers le silence. Il est bien dit dans les
Evangiles : « Seigneur, dis une seule parole et mon âme sera guérie ».
La Lectio-divina nous fait entrer dans le dialogue divino-humain
inscrit dans la lettre de l’Ecriture. Elle est de ce fait une des
plus belles façons d’accéder à la
prière. La prière liturgique puise dans l’Ecriture
sainte et dans la pratique de la Lectio-divina des Pères de
l’Eglise.
La prière de Jésus (Retraite : prière de Jésus, prière du cœur)
Dans le même esprit que la Lectio-divina, la prière de
Jésus est devenue une pratique très répandue dans
l’orient chrétien. Elle est au cœur de la tradition
hésychaste ou philocalique dont nous avons parlé dans
l’onglet sur la voie spirituelle.
Les anciens savaient combien il est difficile de se soustraire à
l’assaut des pensées, ce qui est essentiel pour la
purification du cœur. Dans le désir d’atteindre
à la simplicité du cœur, ils ont inventé la
prière monologique dont le principe est de remplacer les
pensées multiples par une seule pensée. Cette
pensée était au départ, dans le droit fil de la
lectio-divina, une parole de la Bible, puis elle est devenue une parole
qui récapitule toute l’Ecriture Sainte. De même que
les juifs invoquaient constamment le Nom de Dieu (psaumes 8/2, 20/8,
79/9, 118, 124/8...), les chrétiens ont naturellement
commencé à partir de la Pentecôte à invoquer
le nom du Seigneur Jésus et à tout faire au nom de
Jésus : à se réunir, à guérir
les malades, à ressusciter les morts : « ils faisaient tout au nom du Seigneur Jésus »
(Actes 4/2-30). Pour des motifs pédagogiques et spirituels, la
formule usuelle qui a été retenue par l’Eglise
est : « Seigneur Jésus Christ, Fils de Dieu, aie pitié de moi, pécheur ».
Cette parole qui récapitule toute l’Ecriture est donc
centrée sur le nom de Jésus, confessé comme Messie
et fils de Dieu. Messie vers lequel converge la première
alliance.
Chaque mot de la prière appelle un commentaire pour bien
comprendre l’esprit de la prière qui allie invocation et
métanoïa (conversion intérieure). Notamment, le
« Aie pitié » est à entendre comme un appel de la grâce, traduction du mot grec « éléison »
qui fait référence à l’onction de la
grâce. Le pécheur est celui qui se reconnaît comme
tel donc qui est conscient de son état d’exil, de ses
manquements et en appelle à son Seigneur.
La pratique de la prière de Jésus a pour vocation
d’être permanente, en tout temps et en tout lieu. Elle est
simple à mémoriser de sorte que l’on peut
l’emmener partout avec soi et elle peut s’appliquer
à toute situation. Elle est un puissant moyen pour vivre
l’essentiel spirituel au sein de l’existentiel.
La prière de Jésus conjointe à la pratique de la
Tradition hésychaste s’avère être
adaptée à notre réalité actuelle et une
voie spirituelle incomparable pour la sanctification personnelle et la
transformation du monde. Elle demeure le fruit d’une transmission
ininterrompue du meilleur de la tradition spirituelle chrétienne
bi-millénaire.
Dans les retraites sur la prière de Jésus, nous
la pratiquons cinq fois par jour pour stimuler la pratique personnelle
des retraitants.
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